L’obsolescence programmée : quand du matériel parfaitement fonctionnel devient inutilisable
Je viens de vivre une situation qui résume parfaitement ce qui me dérange de plus en plus dans notre manière de consommer la technologie. Dans mon activité de photographe, j’utilise depuis plusieurs années une imprimante thermique professionnelle qui fonctionne encore impeccablement. La qualité d’impression est toujours excellente, la machine est fiable, rapide, et elle répond parfaitement à mes besoins quotidiens. Bref, c’est un outil de travail que je connais, que j’entretiens, et qui pourrait encore servir longtemps sans aucun problème. Pourtant, je viens d’apprendre que le fabricant va arrêter la production du papier et du ribbon — les consommables indispensables à son fonctionnement. Autrement dit, mon imprimante ne sera pas remplacée parce qu’elle est en panne ou dépassée, mais simplement parce qu’il deviendra impossible de l’alimenter. Ce qui rend la situation encore plus frustrante, c’est que la marque continue évidemment de produire des consommables pour ses modèles plus récents. On comprend alors très vite la logique : pousser les professionnels et les particuliers à renouveler leur matériel, même lorsque celui-ci fonctionne encore parfaitement. Et derrière cette logique, il y a quelque chose qui me dérange profondément. On parle beaucoup d’écologie, de réduction des déchets, de consommation responsable… mais dans les faits, on force des milliers de machines encore utilisables à finir au placard ou à la déchetterie uniquement pour des raisons commerciales. Le plus absurde dans tout ça, c’est qu’on ne remplace pas un outil parce qu’il est mauvais, mais parce qu’on nous retire artificiellement la possibilité de continuer à l’utiliser.